Présenté par Jean-Louis Picot – Rédacteur en chef-Le Parisien – et Séverine Amate – Directrice Relations Médias & Publiques-Groupe SeLoger – Jeanne Massa – CEO & Co-fondatrice Habiteo – est revenue sur les enjeux stratégiques de l’innovation au coeur de ce marché bouleversé par une crise sans précédent. A l’occasion du salon RENT qui rassemble l’intégralité de la profession immobilière et notamment les startup qui oeuvrent à la transition des métiers de l’immobilier.

C’est quoi la French PropTech ?

La French PropTech est un mouvement social d’entrepreneurs qui fédère l’ensemble des acteurs de l’innovation. Centré sur l’Homme et ses usages, le mouvement s’inscrit dans le débat de la ville de demain. Ce sont plus 200 adhérents, startups toutes liées à l’immobilier : dans le neuf, l’ancien, la rénovation énergétique, la construction, etc. 

Le mouvement s’est créé en 2018 et depuis de grands acteurs nous soutiennent comme des aménageurs et des promoteurs. Se Loger est d’ailleurs récemment devenu partenaire de la French PropTech.

Comment les statups tirent-elles leurs épingles du jeu ? 

C’est important d’avoir ces institutionnels et les statup apportent de la visibilité à ce qui peut déjà être fait aujourd’hui en matière d’innovation au travers de cas extrêmement concrets. Il faut passer à l’étape suivante : on fait des pilotes c’est très bien mais il faut déployer les solutions pour apporter un vrai changement sur la ville.

La crise sanitaire a accéléré la prise de conscience de la nécessité du digital. Habiteo par exemple a des solutions digitales pour accélérer la commercialisation du neuf et pour permettre à de potentiels acquéreurs de visualiser ce que serait le bâtiment de demain à travers la 3D et les visites virtuelles.

Avant cela, les promoteurs immobilier utilisaient de temps en temps ces outils sur leur commercialisation. Rares sont ceux à avoir déployé ces outils sur l’ensemble de leurs activités. Désormais, tout le monde a besoin d’avoir des outils pour vendre à distance. 

Nexity pendant le confinement a d’ailleurs fait un lancement 100% digital, sur un projet à Saint-Germain-en-Laye : 25 pré-réservations en un weekend. Le promoteur a réitéré cette opération à Enghien-les-Bains et Argenteuil en organisant un webinaire sur lequel étaient invités l’ensemble des habitants et les potentiels acquéreurs pour présenter le programme, qui est d’ailleurs mixte. Résultat, aujourd’hui 1 logement sur 2 est déjà vendu. C’est la que l’on se rend compte que les Français ont encore pour projet d’acheter, certainement pour vivre dans des logements plus adaptés à leurs nouveaux besoins

Il faut inclure les innovations au sein du logement : connectique, traitement de la luminosité – avec une startup comme Solen qui permet de calculer en amont les besoins de lumière dans l’appartement pour l’acheteur. Mais aussi aux constructeurs, d’optimiser les ouvertures pour gagner en luminosité. On peut faire tout cela grâce à l’innovation.

 

Est-ce que la French Proptech collabore avec le Ministère du logement ?

Emmanuelle Wargon a sollicité tout l’écosystème des startup de l’immobilier et la French PropTech pour travailler et réfléchir sur différentes pistes. Des groupes de travail sont constitués sur :

  • la digitalisation des autorisations d’urbanisme,
  • la rénovation énergétique,
  • les relations propriétaires et locataires.

Les groupes vont poser leurs recommandations pour le ministère sur ces sujets qui ont pour vocation d’être portés au plus vite.

Est-ce qu’il y a du nouveau dans l’immobilier de bureau

Il faut donner à voir sur la mixité d’usage dans les bâtiments : bureau, coworking, logement, etc. Des bâtiments totem ont commencé à voir le jour. Le premier bâtiment a été inauguré à Nantes pour porter l’innovation sur le bâtiment. Un deuxième verra le jour début 2022 à Montpellier et a obtenu son permis de construire. C’est une démonstration de tout ce que peuvent apporter une proptech sur le bâtiment : le bâtiment, l’usage, l’homme, la mobilité. Ce que peut apporter l’innovation et le numérique sur les actions de l’immobilier. Ces bâtiment totem sont des lieux mixtes, qui sont modulables avec des sociétés comme par exemple Owwi qui permet d’imaginer des logements évolutifs et réversibles. Aujourd’hui, on essaye de réfléchir à la deuxième vie ou la troisième vie d’un logement. Dans un bureau, la deuxième ou la troisième vie peut être un logement. Quand une famille s’installe, demain les enfants partent : comment réduire l’espace et créer un second logement, avec des paroies amovibles? Ce sont des choses qui deviennent facile si c’est réfléchi en  amont pour des logements beaucoup plus durables et qui auront une mixité d’usage. La mixité d’usage amènera du coworking mais aussi du coliving, pour les jeunes actifs, avec en pied d’immeuble des commerces, des lieux de vie et des magasins éphémères qui viendront s’installer et se succéder au même endroit et pour capter l’attention des usagers de l’immeuble. 

On parlait du télétravail, selon une étude Gartner, 35% des employés d’Ile-de-France seront en télétravail fin 2021 et 45% fin 2022. Il est donc urgent de réfléchir à cela. Le ministère a donc intégré cette réflexion dans toutes les franges de l’immobilier. La région Ile-de-France et les métropoles en sont conscientes.

 

 

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Retrouvez le salon Rent en 2021 les 31 mars et 1er avril en physique

 

*Cet article a été rédigé dans le cadre de la PropTech Digital Days qui a été enregistrée avant l’allocution du Président de la République et la mise en place de nouvelles restrictions gouvernementales à compter du 31 octobre.